Revue de presse du 2 février 2018

Pour Henry Kissinger, le vrai problème est celui de la prolifération nucléaire
Les anciens secrétaires d’Etat américains Henry Kissinger et George Shultz estiment que le principal risque avec le programme nucléaire nord-coréen n’est pas celui d’une attaque nucléaire sur le territoire américain, mais celui de la prolifération nucléaire. L’incapacité des grandes puissances à stopper le programme nord-coréen pourrait inciter d’autres pays à se doter de la bombe pour se faire entendre ou pour se protéger, et les actuelles puissances nucléaires à relancer une course aux armements, comme le montre la récente Nuclear Posture Review de l’administration Trump.
Le budget de la défense américaine : plus d’argent pour un monde moins sûr
Donal Trump souhaite élever son budget de la défense à 716 milliards de dollars en 2019, soit 7% de plus qu’en 2018 et 13% de plus qu’en 2017. Cette augmentation, en rupture avec la tendance historique à la baisse, démontre une stratégie militaire très agressive, qui entend maintenir la domination militaire des Etats-Unis en se concentrant davantage sur la compétition avec les autres grandes puissances mondiales comme la Chine et la Russie. Ces nouveaux investissements devront notamment servir à moderniser l’arsenal nucléaire américain en vue d’une potentielle confrontation avec ces puissances.
Régler le problème nord-coréen par l’interdiction des armes nucléaires
Beatrice Fihn, directrice de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), souligne la dangerosité de la stratégie de Donald Trump pour dénucléariser la Corée du Nord, qui consiste à rendre toujours plus crédible l’emploi de son arsenal nucléaire. Cette stratégie a poussé le Bulletin of Atomic Scientists à avancer l’Horloge de l’Apocalypse à minuit moins deux minutes. En réalité, la seule manière d’éviter l’inéluctable usage de l’arme nucléaire réside dans son interdiction complète et dans la ratification du traité signé par 123 pays de l’Assemblée générale des Nations Unies en juillet dernier.
La Russie développerait une bombe d’une puissance inédite
La nouvelle Nuclear Posture Review vient confirmer le développement par la Russie de Kanyon, la plus puissante arme nucléaire de l’Histoire. Deux fois plus puissante que la Tsar Bomba testée en 1961, elle possèdera 100 mégatonnes de charge nucléaire et pourra parcourir 10.000 kilomètres, pouvant par exemple tuer 8 millions de personnes en cas de largage sur New York. Elle est toutefois prévue pour un lancement sous-marin qui pourrait créer un tsunami radioactif sur la côte est des Etats-Unis. Cette arme, inédite par sa puissance et ses potentielles conséquences humanitaires, montre une volonté inquiétante de développer l’arsenal nucléaire russe.
Comment éviter une guerre nucléaire
Reconnaissant le risque important d’une erreur humaine et technologique qui pourrait mener à un désastre nucléaire, les co-présidents de la Nuclear Threat Initiative (NTI) recommandent trois mesures pour éviter un conflit nucléaire : se protéger continuellement de la vulnérabilité des systèmes de commande nucléaires, en particulier contre les cyber-attaques ; reconnaître l’intérêt commun des puissances nucléaires à éviter un conflit nucléaire, pour travailler ensemble à la sécurité internationale ; réaffirmer qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais advenir. Trois mesures pour limiter le risque d’utiliser un jour les armes nucléaires, en attendant leur élimination totale.

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