Question à un(e) président(e)

  pr-usa   Le 8 novembre prochain, le 45 ème président des États-Unis sera élu. Il ou elle disposera alors d’un arsenal de plusieurs milliers d’armes nucléaires.

     Bien que, depuis 1945, les différents présidents américains aient reconnu la dangerosité de ce type d’arme et que certains d’entre eux aient promis de s’engager à aller vers un monde sans armes nucléaires, ces armes ne sont toujours pas interdites par un traité.

  Le contexte peut changer, puisque plus de 50% des Etats de la communauté internationale (incluant nombre d’alliés des Etats-Unis) veulent interdire ce type d’arme de destruction massive.

    Il est donc temps, comme l’explique Zia Mian (expert à Princeton) dans cet article, que la question soit posée aux candidats Trump et Clinton, afin de savoir s’ils soutiennent les efforts pour entamer des négociations sur un Traité d’interdiction des armes nucléaires.

    En France aussi, des hommes et femmes qui prétendent accéder en mai 2017 à  la plus haute fonction de la République devraient, sans aucun doute, avoir à répondre à cette question !

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      Le 25 Avril 1945, le Ministre de la Guerre, Henry Stimson, expliquait au Président Harry Truman que les Etats-Unis s’apprêtaient à compléter « l’arme la plus terrible de l’histoire de l’humanité, une bombe capable de détruire une ville entière ». Stimson avertit que « le monde dans son état actuel d’avancement moral comparé à son développement technologique pourrait finir à la merci d’une telle arme. En d’autres mots, la civilisation moderne pourrait être complètement détruite »

      En dépit de cette reconnaissance et de cette responsabilité, un président américain décida que la bombe serait terminée, testée, puis utilisée, détruisant deux villes entières et tuant sur le coup plus de 100.000 personnes.

      Il y a 55 ans, le 25 Septembre 1961, le Président John F. Kennedy déclarait à l’Assemblée générale des Nations Unies : « Aujourd’hui, chaque habitant de la planète doit penser au jour où celle-ci serait rendue inhabitable … La simple existence des armes modernes – 10 millions de fois plus puissantes qu’aucune autre arme ayant jamais vu le jour, et à quelques minutes seulement de toute cible potentielle sur Terre – est une source de terreur, de discorde et de méfiance … Le risque inhérent au désarmement fait pâle figure face au risque inhérent à une course effrénée aux armements »

      Deux mois plus tard, le 24 Novembre 1961, il déclarait devant cette même Assemblée générale que « tout Etat utilisant des armes nucléaires et thermonucléaires sera considéré comme violant la Charte des Nations Unies, comme agissant contre les lois de l’humanité et comme commettant un crime contre le genre humain et contre la civilisation »

      Grâce au Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), qu’ils ont aidé à rédiger et qui est entré en vigueur en 1970, les Etats-Unis sont légalement contraints à « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire » 

      En 2009, lors de la première session jamais présidée par le Président des Etats-Unis, le Conseil de Sécurité de l’ONU a approuvé à l’unanimité la résolution 1887, s’engageant « à rechercher un monde plus sûr pour tous et à créer les conditions d’un monde sans armes nucléaires »

     Dans son discours au Conseil de Sécurité qui suivit, Obama déclara que « une seule bombe explosant dans une ville – que ce soit New York ou Moscou, Tokyo ou Pékin, Londres ou Paris – pourrait tuer des centaines de milliers de personnes. Elle pourrait déstabiliser gravement notre sécurité, nos économies et même notre mode de vie (…) La résolution historique que nous venons tout juste d’adopter entérine notre attachement partagé à aller vers un monde sans armes nucléaires »

      En Décembre 2015 aux Nations Unies, 139 pays , incluant nombre d’alliés des Etats-Unis, appuyaient l’Engagement Humanitaire pour l’interdiction et l’élimination des armes nucléaires, dans une résolution affirmant « qu’il était de l’intérêt de la survie même de l’humanité que les armes nucléaires ne soient plus jamais utilisées, en aucune circonstance » et appelant les Etats à « recenser et appliquer les mesures propres à combler efficacement le vide juridique eu égard à l’interdiction et à l’élimination des armes nucléaires ».

Pourtant, les Etats-Unis n’ont toujours pas signé cet Engagement Humanitaire et ne participent pas aux actions engagées pour interdire les armes nucléaires.

La question à poser aux candidats est donc la suivante :

Si vous êtes élu(e) Président(e), promettrez-vous de signer cet Engagement Humanitaire et d’appeler au début immédiat de négociations sur un traité d’interdiction des armes nucléaires, ou persisterez-vous dans la politique américaine actuelle, qui maintient et modernise « l’arme la plus terrible de l’histoire de l’humanité » et qui continue à faire peser le risque que « la civilisation moderne puisse être complètement détruite » ?

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