Quand un candidat est interrogé sur la dissuasion nucléaire…

Photo Bourdin Hamon

COMMUNIQUE D’IDN

IDN vient de présenter, en conclusion de son colloque international du 23 janvier, une série de questions à poser aux futurs candidats à la présidence de la République.

Ce matin, Benoit Hamon, candidat aux primaires de la gauche, a été interrogé à ce sujet par le journaliste Jean Jacques Bourdin (RMC/BFM TV).

Ses réponses nous inquiètent.

1- Il a répondu OUI, comme Theresa May devant le Parlement britannique, à la question qui lui était posée : « êtes- vous prêt à donner votre feu vert à une attaque nucléaire capable de tuer des centaines de milliers de personnes, si cela garantissait la sécurité de votre pays ? ». Dans le même temps, il a rappelé que le concept de dissuasion impliquait que les armes nucléaires ne devaient pas être utilisées en premier.

2- Il a approuvé la modernisation des 2 composantes nucléaires (sous-marins lance engins et forces aériennes), alors que ces opérations coûteuses contredisent l’engagement de la France, qui, en ratifiant le TNP (traité de Non-Prolifération) en 1992, s’est engagée « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire…. »

3- Il n’a pas évoqué la nécessité d’œuvrer au désarmement pour améliorer la sécurité du monde et n’a pas mentionné les travaux en cours à l’ONU pour aboutir à un traité d’interdiction des armes nucléaires, auquel la France s’est opposée lors d’un récent vote à l’Assemblée générale des nations-Unies.

Outre que ces réponses sont parfois contradictoires, elles témoignent d’une volonté de poursuivre la politique de défense actuelle, qui repose sur un système de dissuasion nucléaire datant du XXème siècle, lourd, dangereux, coûteux et loin d’être crédible.

26 janvier 2017

1 réaction

  1. Francis Lenne dit :

    Ses réponses témoignent peut-être aussi de son incompétence grave en ce qui concerne cette question de la dissuasion, ce qui peut nous effrayer quand on sait quelles sont les responsabilités d’un Président de la République en la matière. Il est de plus à craindre que cette incompétence soit assez répandue chez de nombreux autres candidats à cette fonction comme chez bien d’autres politiciens au pouvoir.

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