Il faut sauver l’accord sur le nucléaire iranien

Malgré les efforts déployés par Emmanuel Macron, il est probable que Donald Trump finira par dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015.

Cet accord, obtenu après 13 années d’âpres négociations, représente pourtant une victoire de la diplomatie multilatérale. L’Iran y donne des garanties sérieuses et vérifiables de non-prolifération. Un retour automatique du régime de sanction est prévu en cas de non-respect d’une seule de ses clauses. Et force est de constater que l’AIEA n’a, à ce jour, jamais constaté la moindre violation des engagements pris par l’Iran.

Désormais, la question se pose : si les Etats-Unis se retirent de l’accord, qu’en est-il de sa survie ? Il n’est pas acceptable qu’une seule partie, quelle que soit sa puissance, remette en cause un accord endossé par le Conseil de Sécurité de l’ONU à travers la résolution 2231, alors même qu’aucune transgression n’a été constatée.

Emmanuel Macron a proposé un nouvel arrangement, aux contours encore flous, qui s’ajouterait aux obligations acceptées par l’Iran. Cet arrangement entraverait le programme balistique de Téhéran et viserait à limiter l’influence de l’Iran au Moyen-Orient. On peut se demander avec quelle légitimité Emmanuel Macron propose ces mesures qui n’ont aucune base en droit international et qui contredisent l’esprit de la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

Il faut sauver l’accord de 2015. Comme l’affirmait encore récemment la diplomatie française, « c’est un instrument essentiel, qui doit être mis en œuvre de la manière la plus rigoureuse et transparente, sous la stricte supervision de l’AIEA ».

Son échec serait un coup dur pour la crédibilité de la France, mais aussi de l’ONU et de l’Union Européenne, qui est cosignataire. Les conséquences seraient graves pour le régime de non-prolifération. L’Iran a d’ores et déjà menacé de reprendre son programme nucléaire en s’affranchissant de toutes contraintes. C’est la stabilité dans l’ensemble du Moyen-Orient qui est en cause.

Une pleine coopération de toutes les parties à l’accord autres que les Etats-Unis est aujourd’hui indispensable pour garantir la sécurité internationale. Bruxelles, Pékin et Moscou doivent mettre de côté leurs différends pour agir conjointement en offrant à l’Iran le maximum de coopération économique possible dès lors qu’il respecte en totalité ses engagements.

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