[RÉSUMÉ] Construit à la fin des années 1970 sur l’atoll d’Enewetak pour confiner plus de 120 000 tonnes de sols et débris hautement radioactifs issus de 43 essais nucléaires américains, le dôme de Runit présente aujourd’hui de graves signes de vieillissement. Conçue à l’origine comme une solution temporaire, cette structure de béton de 115 mètres de large souffre d’un défaut structurel majeur : elle a été posée sans fond étanche sur un substrat corallien poreux et perméable. En surface, des fissures visibles se multiplient sur la coque, tandis qu’en sous-sol, les eaux de mer s’infiltrent au rythme des marées, entraînant des sédiments contaminés vers le lagon. Des analyses scientifiques récentes menées à l’extérieur du dôme révèlent déjà la présence de cinq radionucléides et des niveaux élevés de radiation dans les sols environnants. Cette vulnérabilité historique se transforme en menace immédiate sous l’effet du changement climatique, l’élévation du niveau de la mer et les surcotes de tempête risquant d’intensifier ces échanges d’eau sous la dalle et d’accélérer la dispersion du plutonium. Située à seulement deux mètres au-dessus du niveau marin, cette installation préoccupe fortement les chercheurs et les autorités locales, car la pollution radioactive menace directement un espace de pêche et de vie quotidienne essentiel pour les 600 habitants de l’atoll, situés à seulement une trentaine de kilomètres.
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