[RÉSUMÉ] La 11e conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, tenue à New York du 27 avril au 22 mai 2026, s’est soldée par un échec flagrant à dégager un consensus, confirmant la dégradation profonde de ce cadre multilatéral fondé à l’origine sur le compromis entre non-prolifération horizontale et désarmement vertical. Bien que l’impasse finale soit publiquement attribuée à l’Iran, l’effondrement du système découle d’un glissement vers un modèle de relations internationales basé sur la force, illustré par les bombardements conventionnels des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, un État non doté et signataire, instaurant le dangereux précédent d’une attaque préventive légitimée par la seule possession de l’arme atomique. Ce fiasco est accentué par la posture des puissances occidentales comme la France et le Royaume-Uni qui, tout en imputant l’érosion du tabou nucléaire aux seuls pays dits “proliférateurs”, contredisent leurs engagements passés en modernisant leurs arsenaux sous le couvert de la “dissuasion avancée”, en augmentant le plafond de leurs stocks d’ogives et en abandonnant délibérément toute exigence de transparence diplomatique. Face à ces violations répétées du contrat initial par les États dotés et à l’indifférence face aux projets de zones exemptes d’armes nucléaires au Moyen-Orient, l’attrait pour l’article 10 du traité, qui autorise un retrait souverain avec un préavis de trois mois en cas d’événements extraordinaires menaçant les intérêts suprêmes d’un pays, pourrait grandement s’accentuer chez les États marginaux du système international.
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