IDN s’associe à l’appel d’ELN pour la prolongation du New START

A moins de quatre mois de l’expiration du New START, IDN relaie l’appel de plus de 75 parlementaires européens envers leurs homologues du Congrès américain à prolonger le traité New START avec la Russie.

La version originale de l’appel (anglais) et la liste des signataires sont à retrouver sur le site d’ELN.

 

***

Appel à l’action et demande au gouvernement américain de prolonger le Traité New START

Mesdames et Messieurs les Représentants,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Chers collègues,

Le traité New START de réduction des armes stratégiques est le seul accord restant qui limite les forces nucléaires des États-Unis et de la Fédération de Russie. S’il arrive à expiration début 2021, ce sera la première fois depuis 1972 qu’aucune limite quantitative n’est en place de part et d’autre. Bien que l’Europe n’ait pas participé aux négociations du New START, elle est à la fois bénéficiaire de la stabilité apportée par le traité et victime potentielle d’une incertitude et d’un danger bien plus grands si celui-ci venait à disparaître.

En tant que responsables qui s’efforcent de protéger la santé et la sécurité de millions de citoyens européens, nous nous sentons angoissés par la possibilité que le New START puisse expirer dans moins de quatre mois. Nous voudrions appeler nos collègues, les représentants élus des États-Unis, à agir sur cette question. Le large soutien qui continue d’être accordé au New START par de nombreux membres du Congrès américain nous donne l’espoir que les efforts bipartites au sein du gouvernement américain peuvent contribuer à assurer la survie du traité.

Le New START a directement contribué à la réalisation de la dissuasion mutuelle à un niveau d’arsenaux nucléaires stratégiques beaucoup plus bas qu’espéré. Le traité a ainsi contribué à stabiliser la situation de la sécurité européenne, ce qui est un intérêt commun à tous les membres de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), y compris les États-Unis, ainsi qu’à l’Europe élargie.

Le New START laissait la porte ouverte à des contacts permanents ainsi qu’à des améliorations négociées – des portes qui sont maintenant fermées, sinon totalement fermées. Ceci est particulièrement important dans le contexte des armes nucléaires qui doivent encore être réglementées en Europe, y compris les armes nucléaires tactiques russes, qui comportent toutes des risques d’accident et d’erreur de calcul et qui ne seront pas réglementées sans un accord stratégique entre les États-Unis et la Russie comme base et tremplin.

Bien que nous soutenions l’appel à discuter de la prochaine génération de contrôle des armes et la nécessité d’examiner le rôle de l’arsenal nucléaire chinois, l’extension du New START et l’engagement d’un dialogue de bonne foi avec d’autres puissances nucléaires ne s’excluent pas mutuellement. En fait, ils sont tous deux nécessaires en vertu des obligations prévues à l’article VI du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) auquel les cinq principaux États dotés d’armes nucléaires sont parties.

Comme l’a montré le processus qui a conduit au New START, il faut du temps pour négocier des solutions qui répondent aux objectifs louables mis en avant par les États-Unis et la Russie lors de leurs pourparlers de stabilité stratégique cette année. En bref, la prolongation de la durée du New START n’est pas une fin en soi. C’est un outil mutuellement bénéfique pour maintenir la stabilité, la transparence et la prévisibilité alors que nous écrivons ensemble un nouveau chapitre de la maîtrise des armements.

Dans cet esprit, nous nous félicitons du respect continu du Traité par les États-Unis et la Russie et des efforts actuels pour le mettre en œuvre autant que les circonstances posées par le COVID-19 le permettront. Bien que les inspections sur place aient dû être suspendues en raison de la pandémie, il est positif de noter qu’au moins 1 096 notifications ont été échangées par les États-Unis et la Russie entre fin mars et début octobre, ce qui porte le total à au moins 20 911 notifications au cours de la dernière décennie. Sans ces informations, les États-Unis et la Russie n’auraient pas une compréhension actualisée, système par système, de l’état de l’arsenal nucléaire de l’autre.

Nous notons également les 328 inspections sur site qui ont été effectuées à ce jour, ainsi que l’échange de données biannuel récemment achevé sur les missiles balistiques, les bombardiers lourds, les bases nucléaires, les sites d’essai et les installations de stockage relevant du traité. Si le programme New START n’est pas prolongé, toutes ces précieuses informations de surveillance seront perdues, ce qui limitera la confiance et la communication, qui sont importantes si l’on veut éviter que l’Europe ne soit un dommage collatéral dans une nouvelle grande puissance de la guerre froide et dans une course aux armements nucléaires naissante.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, l’a bien dit plus tôt cet été : “Nous ne devrions pas nous retrouver dans une situation où nous n’avons aucun accord réglementant le nombre d’armes nucléaires dans le monde“. À cette fin, nous souhaitons exprimer notre intérêt à coopérer avec vous pour exhorter le gouvernement américain à accepter la prorogation du New START.

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L’association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) a pour but d’œuvrer à l’élimination progressive et équilibrée des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l’édification d’un monde plus sûr.
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Cet article a 4 commentaires

  1. GRANDJEAT

    Est-il encore temps, et est-il prévu des démarches pour élargir le nombre de parlementaires européens soutenant cet appel, de quelle façon les citoyens-électeurs peuvent-ils y contribuer

    1. IDN-France
      IDN-France

      Bonjour,

      Merci pour votre commentaire. Oui, il est encore temps d’entreprendre des démarches pour élargir le nombre des parlementaires. Les citoyens peuvent diffuser cet appel auprès de leurs représentants en leur demandant de réagir, particulièrement en France ou dans l’ensemble nos députés et sénateurs ne semblent pas concernés par cette échéance dont les conséquences peuvent être dramatiques. Diffuser le plus largement possible cet appel serait aussi très utile.

  2. Lucky THIPHAINE

    Bonjour,
    peut-on savoir si les gouvernements des pays européens et du Moyen et Proche-Orient ont été relancés et impliqués pour qu’ils fassent pression sur les EU et la Russie afin que les pourparlers visant à proroger et améliorer ce traité démarrent rapidement et soient menés à bien ??? Nos députés ont-ils été sollicités ???

    1. IDN-France
      IDN-France

      Bonjour,
      Cet appel est signé par les parlementaires européens. S’agissant des gouvernements, leur position est un peu difficile car ce traité est un traité bilatéral et ne concerne directement que les USA et la Russie. Cela dit, que ce soit au plan national ou au sein d’organisations comme l’OTAN, les gouvernements européens ont exprimé publiquement leur vif souhait que ce traité soit prolongé. Nous n’avons pas connaissance d’une action des pays du Proche et Moyen Orient.

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