[RÉSUMÉ] La Onzième Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui s’est tenue à New York du 27 avril au 22 mai 2026 sous la présidence de l’ambassadeur Do Hung Viet, s’est soldée par un échec total à atteindre un consensus, plongeant le traité dans sa troisième décennie consécutive sans document de fond adopté. Les documents préparatoires successifs révèlent une dégradation systématique et délibérée des engagements, marquée par la suppression des références à l’urgence du désarmement, l’édulcoration de la sémantique contraignante envers les États dotés, et le retrait des mentions cruciales sur l’intelligence artificielle, le partage nucléaire de l’OTAN ou la sécurité de la centrale de Zaporizhzhya. Les cinq puissances nucléaires officielles ont fait preuve d’une complaisance collective en bloquant toute avancée réelle : la Russie a méthodiquement érodé les concepts d’élimination totale et le statut du traité d’interdiction des essais, tandis que les États-Unis ont ouvertement nié la dimension de désarmement du TNP, chacun rejetant la faute sur la détérioration de l’environnement de sécurité pour justifier des programmes massifs de modernisation technologique. Si le blocage final a été déclenché par une querelle politique ciblant nommément l’Iran à la suite des frappes américano-israéliennes non condamnées contre ses installations vérifiées par l’AIEA, le véritable problème réside dans la rupture du grand compromis de 1968. Face à ce démantèlement progressif des normes juridiques et à l’effondrement des accords bilatéraux comme New START expiré en février 2026, la frustration des pays non dotés est totale, renforçant en contrepartie l’autorité morale et l’urgence du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires porté par ses 99 États parties.
Lire l’article |