Appel à Donald Trump et Vladimir Poutine

ob_3903f3_trump-et-poutineQuelques jours avant la première rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine lors de la réunion du G 20 à Hambourg, quatre personnalités éminentes* viennent de rendre publique une lettre ouverte aux deux présidents américain et russe.

     Considérant que les dangers de guerre n’ont jamais été aussi grands depuis la fin de la Guerre froide, ces personnalités affirment qu’il y a urgence à prendre des initiatives pour sortir de la dangereuse spirale de menaces dans laquelle le monde est engagé.

      Elles formulent plusieurs propositions, en s’inspirant notamment des travaux préliminaires d’un groupe de travail  qui rassemblait d’anciens responsables européens, ministres de la défense ou des affaires étrangères, diplomates, militaires de haut rang et auquel j’ai eu l’honneur de participer.

    * Des Browne, ancien secrétaire d’État britannique à la défense

       Wolfgang Ischinger, ancien ambassadeur allemand aux États-Unis

       Igor S. Ivanov, ancien ministre russe des affaires étrangères

       Sam Nunn, ancien président de la commission de la défense du Sénat américain

 

Chers Président Poutine et Président Trump,

      Les relations entre la Russie et l’Occident n’ont jamais été aussi tendues depuis la Guerre froide. En l’absence de nouvelles initiatives, la méfiance s’accroît, réduisant la capacité des gouvernements à discuter. Il est essentiel que des mesures soient prises afin d’assurer la sécurité des peuples de la région Euro atlantique.

      Votre première rencontre à Hambourg sera une occasion unique de faire valoir que, quelles que soient les différences qui peuvent exister entre les nations, les États-Unis, la Russie et l’Europe peuvent et doivent travailler ensemble dans des domaines d’intérêt commun. C’est notamment dans le domaine de la réduction des risques nucléaires et militaires, ainsi que dans celui du contre terrorisme que cette coopération est cruciale.

      – Le point de départ pourrait être une nouvelle déclaration jointe faite par les deux présidents pour affirmer qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais avoir lieu. Cette déclaration aurait pour objectif de rendre clair qu’il en va de la responsabilité des chefs d’États de travailler ensemble afin d’éviter une catastrophe nucléaire. Elle serait bien reçue par les chefs d’États et les peuples du monde entier.

   – Une deuxième étape pourrait être de développer la communication entre militaires à travers un nouveau groupe de gestion de crise militaire entre l’OTAN et la Russie. Il est absolument nécessaire de rétablir les voies communications interarmées qui s’étaient révélées efficaces au moment de la Guerre froide. Ces initiatives devraient porter sur la réduction des risques d’erreur ou d’accident catastrophique en rétablissant la communication et en rétablissant la transparence et la confiance.

   – Une troisième étape pourrait être de collaborer afin d’empêcher Daesh ou tout autre groupe terroriste  de s’emparer de matériaux radioactifs et nucléaires. Il existe un besoin urgent de coopérer afin de sécuriser tous les matériaux radioactifs vulnérables pouvant être utilisés pour produire une « Bombe sale ». Ces matériaux sont largement disponibles dans plus de 150 pays et se trouvent souvent dans des installations telles que les hôpitaux et les universités qui sont mal sécurisés.

      – Quatrièmement, il est impératif que des discussions soient entamées, ne serait-ce que de manière informelle, pour identifier le danger causé par l’interférence de cyberattaques sur les systèmes d’alertes ainsi que sur le contrôle et la commande d’armes nucléaires. Ce point devrait être abordé de toute urgence pour empêcher qu’une guerre soit déclenchée par erreur. Il est en effet fort préoccupant qu’il n’existe aucun “code de conduite” dans la relation entre les cybertechnologies et les armes nucléaires.

      Aujourd’hui, la Russie, les Etats-Unis et l’Europe font face à une série de risques importants. Il est impératif qu’aucun de ces risques ne nous éloigne d’éventuelles actions pratiques pouvant mettre fin à une spirale inquiétante dans la relation entre les Etats et réduire les réels dangers. Les étapes que nous avons citées ici sont un bon point de départ pour engager cette coopération. Nous nous permettons respectueusement de souligner l’urgence qu’il y a à prendre ces initiatives dès votre réunion de Hambourg.

Des Browne, ancien secrétaire d’Etat britannique à la défense 

   Wolfgang Ischinger, ancien ambassadeur allemand aux États-Unis

   Igor S. Ivanov, ancien ministre russe des affaires étrangères

 Sam Nunn, ancien président de la commission de la défense du Sénat américain

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