[RÉSUMÉ] La 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2026 intervient dans une phase de péril majeur, marquée par l’effondrement des mécanismes de régulation et une reprise mondiale de la course aux armements. Ce déclin est accentué par l’absence, pour la première fois depuis 1972, de limites contraignantes sur les arsenaux stratégiques russe et américain, ainsi que par l’expansion des capacités nucléaires de la Chine et de la France. La politique de défense des États-Unis, tiraillée entre isolationnisme et quête de dominance, fragilise les alliances mondiales et privilégie désormais la protection du territoire national au détriment de la dissuasion élargie.
En parallèle, les menaces de reprise des essais nucléaires par Donald Trump et la violation systématique de l’article VI par les puissances dotées sapent les fondements du TNP et du Traité d’interdiction complète des essais (TICE). Face à une diplomatie américaine affaiblie par l’absence d’un leadership présidentiel fort, la survie du cadre multilatéral repose désormais sur la capacité des puissances moyennes à s’unir pour imposer des mesures de désescalade, telles que le gel des lanceurs stratégiques et le renforcement des garanties négatives de sécurité. L’issue de cette conférence déterminera si le droit international peut encore contenir la « loi du plus fort » ou si le système de non-prolifération succombera définitivement aux tensions géopolitiques.
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