[RÉSUMÉ] La transformation de la Corée du Nord depuis l’échec du sommet de Hanoï en 2019 a redéfini sa stratégie de sécurité, faisant d’une dictature perçue comme isolée une puissance nucléaire fortifiée et une menace directe pour l’Europe. Par le biais d’un plan de modernisation militaire sur cinq ans initié en 2021 et d’une révision doctrinale abaissant le seuil d’utilisation de l’atome, Pyongyang a délaissé les canaux diplomatiques occidentaux au profit d’un partenariat opérationnel et gagnant-gagnant avec Moscou. En échange de son soutien massif à la guerre en Ukraine sous forme d’armements et de troupes, la Corée du Nord bénéficie de technologies russes cruciales pour ses missiles balistiques et ses sous-marins, tout en obtenant le démantèlement de fait de la surveillance des sanctions de l’ONU. Cette imbrication dans la sécurité européenne se double d’une cyber-offensive d’envergure, l’Agence de l’UE pour la cyberécurité classant désormais la Corée du Nord au troisième rang des cyber-menaces continentales en 2025, juste derrière la Russie et la Chine. Opérant sous l’égide du Bureau général de reconnaissance, une armée de 7 000 spécialistes mène des campagnes d’espionnage contre les secteurs européens de la défense, de l’énergie et de la santé, ainsi que des cyber-vols de crypto-monnaies directement affectés au financement du programme nucléaire nord-coréen. Face à cette résilience insuffisante et à l’absence de stratégie claire des États-Unis, la nécessité d’un renforcement urgent du partage de renseignements entre l’Europe et la Corée du Sud s’impose, requérant la signature d’accords structurels de sécurité de l’information pour contrer l’infiltration des entreprises et le contournement des sanctions.
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