Dissuasion : avec le Président Macron, rien ne change

COMMUNIQUE

Le rituel discours que le Président de la République vient de prononcer pour réaffirmer la doctrine de la France en matière de défense et de dissuasion nucléaire pourrait être résumé par la célèbre phrase de Tancrède dans Le Guépard de Visconti : « Il faut que tout change pour que rien ne change ».

En effet, ce brillant discours ne fait que recycler les concepts ressassés d’une doctrine nucléaire française figée. L’appel au multilatéralisme est contredit par la position de la France qui se crispe sur son statut d’Etat nucléaire membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le plaidoyer pour le désarmement, particulièrement nucléaire, ne peut cacher la participation de la France à une nouvelle course aux armements nucléaires.

Enfin, ce qui devait constituer la grande nouveauté de ce discours, c’est-à-dire la proposition d’étendre le parapluie nucléaire au reste de l’Europe occidentale ne peut qu’ajouter de la division à la division, tant la position des différents pays européens diverge sur cette question.

Couronné par une réaffirmation de la dissuasion nucléaire comme la clef de voûte de notre politique de défense, l’intervention présidentielle ne fait que reprendre le vieux discours sur un concept qui, loin d’être une assurance de sécurité, devient dans le monde actuel une assurance de conflit nucléaire.

En définitive, ce discours représente encore une occasion manquée. S’il avait souhaité laisser une place dans l’histoire, au lieu de vanter les mérites d’une sécurité fondée sur la capacité d’exterminer des millions de civils innocents, le Président aurait pu prendre la tête d’un véritable mouvement en faveur du désarmement nucléaire. Nul doute dans ce cas, que nombre de dirigeants du monde lui auraient emboîté le pas.

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