Par Benoît Pélopidas, dans Elucid, 1 mai 2026
[RÉSUMÉ] L’usage de la force contre un programme nucléaire supposé repose sur une illusion dangereuse, car le soupçon de prolifération est par nature impossible à réfuter. En acceptant l’idée qu’une guerre préventive est nécessaire, on légitime à l’avance l’agression de n’importe quel pays disposant de réacteurs civils sous simple prétexte de doutes irréductibles, comme l’a prouvé le désastre de l’Irak en 2003. Pourtant, la réalité mondiale montre une absence historique de nouveaux États dotés depuis vingt ans : le vrai danger réside dans la modernisation des arsenaux existants et la normalisation de la violence. Non seulement les frappes militaires s’avèrent inefficaces et souvent contre-productives en renforçant le désir d’atome des pays ciblés, mais les conflits qui en découlent aggravent de surcroît la crise climatique. Il devient donc impératif d’inverser la charge de la preuve face aux discours bellicistes et de refuser de valider le droit du plus fort pour ne pas fragiliser les remparts du droit international.